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Blog d'Eglantine Ceulemans
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vendredi 18 octobre 2013

Voyage en Ecosse !


Voilà. Je suis rentrée d’Ecosse.

Elle sort, on l’entend farfouiller dans la pièce voisine. 
Elle revient, un kleenex à main, se mouche bruyamment et se met à sangloter. 

Non. Plus sérieusement, 4 jours seulement, mais 4 jours fous.

Voilà plusieurs années que je rêvais d’aller en Ecosse, pour ses beaux paysages des Highlands, ses lochs et châteaux. Alors, comme on avait bossé comme des petits fous pour gagner 3 sous, on a décidé de partir (un peu sur un coup de tête) avec mon ami d’enfance Benoît.




 Tout d’abord, on a pris notre avion de Lyon pour Edimbourg, où on a passé notre première nuit dans une auberge de jeunesse, le Caledonian Backpackers. Une grande première pour moi.




Vu qu'on a gagné 3 sous et pas 4, on a décidé de peu les dépenser, voilà qu’on était dans un immense dortoir au milieu d’une trentaine de voyageurs de tous horizons. Nous avions beau être la mi-octobre, c’était plein.
La nuit s'est passée sans encombres, et tout était génial.




 Bref, ça s’annonçait bien. 

 Le Benoit et moi, on était bien contents. 





 Le lendemain, on a récupéré notre voiture que nous avions réservée auparavant, une belle petite auto jaune, qui demandait qu’à être aimée. De bon coeur, nous avons exaucé son voeu. Benoit était quelque peu inquiet de devoir conduire à gauche, mais ce valeureux bonhomme a pris son courage à deux mains et roula à sens inverse (notez que votre téméraire narratrice l’a bien laissé prendre ce danger sans se mouiller – jesuisundangerpublicenvoiture-).

 Vroum vroum. D’Edimbourg, nous nous sommes dirigés vers les Highlands, nous espérions atteindre Fort William avant la tombée de la nuit. On s’est arrêté ça et là pour prendre quelques bouffées d’air frais, voir les paysages à tomber, profiter des petits patelins typiques comme Dunblane, ou encore contempler les lochs, notamment le Loch Lomond.

 Tout était beau, tout était bien, on refaisait le monde dans la voiture et lisions tout sur l’Ecosse.

Le loch était à portée de doigts de pied et nous décidâmes de nous arrêter 3 minutes pour profiter de ce dernier. Mal nous en a pris, la peur de ne pas être suffisamment à gauche nous a poussé à embrasser goulûment le trottoir lors d’un virage à gauche.

 PAF. Un pneu crevé et l’autre dans un état, que nous pourrions qualifier en langage humain de : succombant.



 Merde. On est au milieu de nul part, dans un village qui ne fait QU’UNE SEULE RUE. On se regarde, Benoit se gratte la tête. On rigole. Mais pas trop quand même.
Merde.








 Je sors de la voiture, en quête de l’autochtone à l’allure sympathique et vois, ô joie, une petite dame qui promène son petit chien au bout d’une petite laisse (j’essaie vainement de vous faire comprendre combien le village dans lequel nous étions était petit. Même un village de Lego aurait plus de maisons).

 « Hi ! sorry to bother...eum…we just got an accident, would you know any garage in the neighborhood ? » 

« Aaaw dear, on a Sunday, let's see…STEEEVEEEN ? Any idea ?? » 

 Là s’amène - de derrière un buisson- Steven, un voisin, la vingtaine, en marcel (il fait froid en Ecosse en octobre), tout gentil, qui s’apprêtait à polir son bolide à 5 mètres de nous, que dis-je, 5 yards de nous.

 « Awya, blajdoe flat tyre blublubu change that bloubliu no open garage on a Sunday blublublu ».

 Flûte, je ne comprends pas l’anglais à l'écossaise. J’ai beau plisser les yeux, ôter mes cheveux de mes oreilles et faire un avec moi même. Je comprenais un mot sur trois. J’acquiesce, en tant que bonne française, je feins de tout comprendre et le suis.

 En ni une ni deux, il nous amène tout le matériel nécessaire à la réparation (temporaire) de la voiture, Hannah (notre sympathique autochtone du début) m’amène dans l’épicerie du coin (une pure merveille, nous sommes dans la vraie campagne écossaise, Murray fait le facing, Cormac est à la caisse et Moira retient le petit Bruce qui essaye vainement de tirer la queue du chien -Kyle- d’Hannah.)
 On me reçoit à bras ouverts, on me prête un téléphone pour que j’appelle l’agence de location.

Avez-vous déjà eu à faire face aux choix multiples par téléphone ? Oui ? C’est pénible hein ? Imaginez pire. Imaginez en anglais.


 Hannah me regarde, peinée, et prend le téléphone :
« I take care of that sweetheart ».

Son interlocuteur n’a pas l’air sympa mais on arrive à bout de l’histoire. Une dépanneuse vient nous chercher dans 3 heures. Hourah.

 Hannah nous reçoit chez elle quelques minutes (nous prendrons notre déjeuner dans un snack du coin après) on contemple les assiettes peintes à l’effigie de son chien au mur et on papote avec plaisir. On la remercie chaleureusement - sans déconner, sans Hannah, j’aurai pleuré- on se fait des poutous, Steven, comme c’est un vrai bonhomme, nous fait un signe du bras.


 Nous voilà rapatriés à…Glasgow (en gros on est revenus en arrière). Nous nous ne arrêtons pas pour visiter, le peu de temps que nous passons en Ecosse nous le permet pas et notre guide de poche ne nous conseille pas « vivement » cette ville à caractère « industriel » (sympa, le guide).

Zut. Il est déjà 5h du soir quand on nous donne une nouvelle voiture, rouge, pour la peine – et on nous pique 250 euros au passage-, Fort William est à perpète on aura pas le temps d’y arriver avant la nuit. On décide de quand même s’y diriger, on s’arrêtera pour dormir en chemin.


 Très honnêtement, je ne sais pas comment ils rendent ça rentable, mais en Ecosse (peut être dans toute la Grande Bretagne ?) il y a des Bed and Breakfast PARTOUT. On jette notre dévolu sur l’un d’entre eux, et bifurquons dans un chemin de campagne, où l’on arrive devant une ferme. Il n’y a pas de lumière. On a un peu peur en fait.

On sonne.

Plusieurs chiens se mettent à japper derrière la porte. On attend quelques minutes et une femme d’allure vive et sympathique nous ouvre. On lui explique qu’on cherche à se loger et manger.
Elle ne fait malheureusement pas à dîner et nous dirige vers Bolloch.

Dommage. Ce B&B présentait tout de l’Ecosse que j’attendais : les napperons, les dessus de lits à fleurs et les canapés où les genoux touchent le nez une fois assis.


Une fois à Bolloch, petit village qui longe le loch Lomond, on se fait refouler de plusieurs hôtels -car déjà plein - et on finit dans un petit B&B. La chambre qui m’accueille est parme. Pas un peu parme. Elle est parme de partout. Avec des fleurs. Les différentes tapisseries sont fleuries, les rideaux sont fleuris, le dessus de lit est fleuri. C’est parmentesque et bucolique. Je jubile. Je suis contente, j’aime le dépaysement (chez moi tout est blanc) et la touche kitsch. On visite un peu Bolloch à pied, on boit des coups, du whisky aussi. Parce que quand même, on est en Ecosse et on rentre tant bien que mal au B&B.


 Le lendemain on repart pour Fort William, on visite, on mange dans un pub et j'achète des albums jeunesse (eh oui, même en vacances, je pense un peu à mon chouette travail). On reprend la voiture, on visite le château d’Eilean Donan au bord du loch Duich dans le Glen Shiel (le lieu est à tomber) et on se dirige vers les îles, plus particulièrement vers Kyle of Lochalsh pour y passer la nuit.
Encore une fois, plus de place nulle part et les B&B, dans cette campagne éloignée, ont fermé pour la saison.
On va donc, un peu contraint à l'hôtel, la chambre à fleurs couleur framboise et façon années 80 me place dans un décor de film pas des plus rassurants. En plus, ça sent la grand-mère.
Par contre, la vue est splendide, elle donne sur un loch immense et ses montagnes impressionnantes. Les doigts de pieds écartés, je savoure l’immensité du paysage, les belles étoiles et la lune qui se reflète sur l’eau.

 Le lendemain on reprend la route vers Édimbourg, on s’arrête près des lochs pour se promener quelques instants on mange dans la ville de Perth, où l’on se perd avec plaisir – qui se transforme en inquiétude quand on regarde l’heure et qu'il faut maintenant retrouver la voiture sinon on sera en retard pour la rendre à Édimbourg-

 Et enfin nous voilà arrivés !

 Il fait déjà nuit, mais on en profite pour faire le tour de la ville, contempler son château surélevé, voir la cathédrale St Giles, monter au château pour contempler le panorama et boire un cidre et une bière dans un bar à moquette en tartan et murs de bois.


 Le lendemain, nous poursuivons notre visite de la ville et allons aussi à Arthur Seats : entendez par là, que nous avons monté une grosse montagne bien haute et que, dans le bon ordre des choses, il a fallu la redescendre. Mais comme nous étions pressés par le temps (avion oblige), on a voulu couper pour aller plus vite, sauf que, en Ecosse, comme il pleut, la terre se fait vite glissante.




J’ai donc plus descendu celle-ci sur les fesses et les genoux que dignement. Bref. J’étais sale, à moitié brisée en deux mais hilare et il fallait qu’on prenne le bus pour l’avion au plus vite.








 C’est ainsi que se termine le périple, et ce long (trop long) récit.

 J’ai vu des vaches à poils longs, des paysages de rêves, des lochs à perte de vue, des châteaux, bu du bon whisky, goûté au Haggis et rencontré des écossais adorables, que demander de plus ?

 Au plaisir chère Ecosse !

7 commentaires:

Marie L. a dit…

ça a l'air bien chouette! Très court mais intense :) Le coup du pneu crevé ça a du vous faire rager et baliser sur le coup, mais du coup vous avez vu du méga typique!
Dans quelques temps vous direz " tu te rappelle quand on s'est retrouvés à boire le thé chez une écossaise entre deux âge dans la campagne profonde ?! aha!"

( faute de frappe à montagNe sur la fin du texte )

des bisous!!

Claire Fauché. a dit…

Enorme! Merci pour ce recit tres drole ! Si tu veux revenir pour un depaysement made in UK, Wales darling ! Precisement a Tintern et il y a une boutique qui vend des premieres editions de Beatrix Potter ou d'Edmond Dulac, le monsieur m'a gentiment laisse tripoter les pages - au prix ou ca coutait !!

Egl a dit…

Claire : Mon dieu mon dieu ! J'ai été 4 fois au Pays de Galles cette année (le truc improbable), si seulement j'avais su...:( (pas de séjour prévu à nouveau...)

Marie : Oui...c'est ce qu'on s'est dit, mais franchement on a pas tant balisé, ça nous a un peu retardé mais ça nous donne une chouette anecdote à raconter comme tu dis !

Loïc a dit…

J'aime l'Ecosse aussi. Des gens fabuleux, des moutons, des lochs, des pubs et des B&B partout. Trois semaines à silloner le pays que j'oublierai jamais.

Egl a dit…

Loïc : Oh ! 3 semaines ! Classe !
Faudra que tu me racontes (entre deux morceaux enivrants de Frank Michael)

Anonyme a dit…

Je suis tombée par hasard sur ton blog, je cherchais des récits de voyages en écosse, et j'ai beaucoup aimé la manière dont tu racontes, et encore plus tes dessins, qui sont pleins de fraîcheur et vraiment très chouettes.

Voilu !
Des bisous.

Lou

Egl a dit…

@Lou : Un grand merci pour ces gentils compliments, j'espère que ce récit a pu t'aider à organiser ton futur voyage (tu verras c'est top l'Ecosse!)